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Posté Par : pierreto

De palmes et d’épines, Tome 1, Vers le Domaine des génies, (Pays maa’, Sud Viêt Nam, 1947-1963) Vedette


De palmes et d'epinesL'AUTEUR : Jean BOULBET


Ethnologue et géographe, diplômé de l’Ecole pratique des Hautes études, ancien Consul de France honoraire à Phuket (Thaïlande) où il vit, ancien Responsable du Parc forestier d’Angkor et de la Conservation du Mont Kulen (Cambodge), Jean Boulbet est membre de l’Ecole française d’Extrême-Orient. Il est chevalier de la Légion d’honneur.
Après ses montagnes pyrénéennes, depuis plus de quarante ans il arpente les forêts du Viêt Nam, du Cambodge et de Thaïlande, avec de longues incursions dans les sous-bois de Bornéo, Sumatra et Sulawesi, jusqu’en Amazonie (Brésil, Guyane) et en Afrique (Cameroun), étudiant et parfois découvrant leurs habitants humains, trésors botaniques, animaux, peintures rupestres en Thaïlande du Sud, un lithophone préhistorique au Viêt Nam (l’un des plus vieux instruments de musique du monde) et des temples perdus au Cambodge (Angkor).

Il est né à Sainte-Colombe-sur-l’Hers (Aude) près de Lavelanet (Ariège), le 2 janvier 1926. Résistant à 15 ans il rejoignit à 17 ans les maquis pyrénéens du Massif du Picaussel et, en 1944, la 1re Armée française commandée par le général de Lattre, jusqu’au Rhin et au Danube. Puis il précéda dans le sud de l’Indochine le Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient, dirigé par le général Leclerc. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, démobilisé sur place, au Viêt Nam, il devint planteur de café et de thé puis, peu à peu, ethnographe, encouragé et aidé entre autres par Georges Condominas, Raymond Eches et Maurice Schmid.
 

L'OUVRAGE


Pour la première fois, c’est à la découverte de son histoire personnelle, extraordinaire, que nous convie ce témoin privilégié d’une grande aventure humaine dans cet ouvrage qui, plus qu’un récit autobiographique, est un plaidoyer pour la tolérance, pour les minorités, pour les femmes et la féminité, comprise ici comme la meilleure part de l’humanité et la plus constructive. C’est aussi un véritable manuel d’ethnologie, passionnant et vivant.

Pendant plus de 16 ans, il partagea l’intimité des Cau Maa’ (prononcer Tchao Ma), Proto-Indochinois demeurés insoumis et méconnus à moins de 200 km de Saigon, dans les terres hautes de l’Hinterland des anciens auteurs. Ce que l’on appelait les "jungles Moï". Il leur consacra de nombreux travaux scientifiques parus pour la plupart à l’Ecole française d’Extrême-Orient.

Si Boulbet réussit à pénétrer le "Domaine des génies" comme les Cau Maa’ appellent leur territoire, c’est à Dam Böt (prononcer Dame Beutte), son "double" local qu’il le doit. Ainsi nommé par les Proto-Indochinois, c’est en effet seul, sans armes, à pied et par la seule conquête des cœurs (comme Auguste Pavie au Laos ou Pierre Savorgnan de Brazza en Afrique centrale), particulièrement celui des jeunes femmes et de leurs parents, qu’il parvint à gagner l’estime et l’amitié de ce peuple farouchement attaché à sa liberté et à sa différence. Alliés traditionnels des princes du Champa, aux côtés des Jörai et des Rhadé, les Cau Maa' étaient en effet des guerriers réputés et respectés.

Le premier contact de Dam Böt avec le village des irréductibles Cau Maa’ ? Une volée de carreaux d’arbalète à ses pieds, comme ultime avertissement…
- Et alors ? demandai-je à Boulbet ?
- Et alors ? rien ! J’ai seulement avancé d’un pas…

Par la qualité des relations humaines qu’il établit avec les habitants du Domaine des génies, Boulbet est ainsi, pendant toute la décennie 50 une sorte d’ambassadeur des Proto-Indochinois. Il les aide un peu, en réponse à leur demande, à faire leur entrée dans le monde moderne, en guerre, et dont ils seront bientôt victimes. Son histoire extraordinaire se transforme vite en une véritable légende, au moins au sein des Français d’Indochine, inspirant sans doute en partie à son ami Pierre Schoendoerffer, venu visiter Boulbet à Blao, transposée à Bornéo, l’un de ses romans.

Mais, à la différence du héros de "L’Adieu au roi" qui finit trahi par ses propres sujets (des Dayak) contre son poids en sel, Dam Böt n’a été trahi par aucun Cau Maa’. S’il prit finalement la décision de quitter le Viêt Nam, lui qu’on écoutait sur les hauts plateaux, c’est pour tenter éviter aux Proto-Indochinois l’horreur de la guerre moderne, pressé qu’il était de tous côtés, tant par les Viêt-congs que par les agents sudistes, de faire basculer "ses" fameux guerriers dans un conflit qui les dépassait…

L’histoire de Dam Böt, c’est le redoublement réussi d’une tentative jadis manquée : celle d’Henri Maitre, explorateur de l’Indochine qui ne parvint jamais à explorer la Boucle du Donnaï, le pays des Cau Maa’, et qui périt assassiné par des Mnong en 1914. Henri Maitre ne faisait que passer malgré ses qualités et restait un étranger, alors que Boulbet, grâce à Dam Böt, vécut au sein de ces peuples de la forêt, en leur totale intimité, admis, accepté, mais demeurant à sa place.

Au mieux de sa forme, l’auteur mêle ici dans son récit l’épopée vécue et la réflexion sagace en un savoureux et alerte cocktail au ton joyeux et empreint d’humour qui ne laissera aucun lecteur insensible.

Il poursuivra sa narration dans le tome 2, "Vers le paradis d’Indra (Cambodge 1963-1975)", au Cambodge cette fois ; pays qui lui fit simultanément le merveilleux cadeau d’une découverte essentielle, celle de sites archéologiques d’importance au Kulen (Conservation d’Angkor), et celui, empoisonné, de l’horreur Khmer Rouge…

De palmes et d'épines : Tome 1, Vers le domaine des génies (pays Maa', Sud Viêt Nam, 1947-1963)
 

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Commentaires Articles

Un très bon polar
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Bangkok 8

L'histoire est excellente et...

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